Il était une fois le CBD…

Le cannabidiol, plus connu sous ses sigles CBD, est l’un des principaux composés présent dans la plante de cannabis et l’un des acteurs de ses précieuses qualités.

Bien que le CBD soit aujourd’hui connu aussi bien des communautés scientifiques et médicales que des usagers de cannabis, cela n’a pas toujours été le cas. Au début du XIXe siècle, on ne savait pas encore exactement quels composants et principes actifs contenait la plante « Cannabis sativa », même si le végétal était utilisé depuis des centaines d’années à des fins médicales et récréatives. Heureusement, les recherches de certains pionniers de l’époque ont commencé à porter leurs fruits. Ces premières découvertes ont marqué le début de l’histoire du CBD et les avancées de l’étude de cette molécule.
Voici son évolution, jalonnée de découvertes et de faits marquants…

Des années 40 aux années 60 : premières découvertes

Le CBD a été isolé pour la première fois par une équipe de chercheurs du Département de Chimie de l’Université de l’Illinois (États-Unis), à partir de l’extrait de cannabis. Dans l’article qu’ils avaient publié en janvier 1940 et dans lequel était décrit le processus et la structure de la molécule, ils assuraient que « le cannabinol est très toxique mais n’a pas d’activité dans le cannabis ».

Malgré le succès des scientifiques de l’Illinois, il a fallu attendre 20 ans pour que d’autres spécialistes s’intéressent de nouveau à la molécule. Finalement, en 1963, le chimiste de l’Université Hébraïque de Jérusalem Raphael Mechoulam est parvenu à déterminer sa structure exacte. L’année suivante, son équipe de recherches a remporté d’autres victoires : elle a isolé le THC pour la première fois et est parvenue à synthétiser les deux composés cannabinoïdes. Les travaux de ce spécialiste et ses collaborateurs ont ouvert un nouveau champ de recherches sur l’activité pharmacologique des composants du cannabis.

Les dates clés :

1940

Des scientifiques de l’université de l’Illinois isolent pour la première fois le Cannabidiol.

1963

20 ans plus tard, de nouvelles équipes scientifiques s’intéressent au Cannabidiol

1970

les premières études thérapeutiques commencent à être menées.

1980
1990

le CBD commence à être utilisé comme traitement de la psychose et de l’anxiété.

Années
2000

le champ des études s’élargit sur le potentiel thérapeutique du CBD dans le traitement de nombreuses maladies.

Années 70 : les usages thérapeutiques du CBD commencent à être étudiés

En 1973, un groupe de scientifiques brésiliens a annoncé que le CBD réduisait, et même bloquait, les convulsions provoquées par l’épilepsie chez les animaux, un effet qu’il a testé sur des patients atteints de ce trouble neurologique à la fin de cette décennie. Bien que la plupart des personnes ayant reçu une dose du composé ait ressenti une certaine amélioration, les résultats ne pouvaient pas encore être considérés comme définitifs. Seulement un an après, en 1974, des chercheurs du pays découvraient pour la première fois que le CBD agissait comme un anxiolytique, réduisant les symptômes de ce trouble.

Au milieu des années 70, d’autres essais cliniques s’étaient orientés vers d’autres domaines médicaux : ils démontraient que l’administration du composé calmait les nausées et les vomissements provoqués par la chimiothérapie. Pendant cette époque ont également été découverts les effets sédatifs du composé chimique. Après avoir confirmé ce phénomène sur des animaux, plusieurs études ont démontré qu’il améliorait le sommeil de patients souffrant d’insomnie.

Années 1980 et 1990 : le CBD dans le traitement de la psychose et de l’anxiété

Bien que les publications sur le CBD se soient multipliées au cours des années 70, l’intérêt pour la molécule a diminué pendant les deux décennies suivantes. Cependant, plusieurs événements importants ont eu lieu au cours de cette période.

Les avancées ont continué de se succéder au Brésil : en 1980, une petite étude réalisée à São Paulo, à laquelle a collaboré Mechoulam, a été l’une des premières à révéler que le CBD diminue les convulsions chez les patients souffrant d’épilepsie (dans le cas présent, il s’agissait d’enfants).

Une autre étude postérieure, datant de 1982, décrivait la première preuve scientifique mettant en exergue que le CBD possède des effets antipsychotiques. Ses auteurs ont prouvé sur un groupe de volontaires sains que le composé inhibait des symptômes tels que la perception altérée, la dépersonnalisation et le refus de communication avec d’autres personnes. Cependant, le CBD n’a pas été ouvertement administré à des patients jusqu’en 1995, lors d’un essai clinique dont l’état des participants s’est notablement amélioré après avoir reçu un traitement avec du cannabidiol.

Mais les spécialistes ont commencé à prendre véritablement en considération le potentiel thérapeutique du cannabis en 1988. Cette année-là, les scientifiques ont découvert pour la première fois le système endocannabinoïde du corps humain, c’est à dire les récepteurs cannabinoïdes qui se trouvent naturellement dans le système nerveux. La découverte a ouvert la voie à de nouveaux essais dans différents domaines médicaux qui ont été publiés au cours de la décennie suivante.

À la fin des années 90, un groupe de chercheurs des Instituts Nationaux de la Santé Mentale américains a révélé que le CBD est un puissant antioxydant cellulaire, alors que d’autres travaux postérieurs indiquaient que cet effet lui conférait, en plus, des propriétés en tant que neuro-protecteur. Ces qualités font que le composé chimique du cannabis soit utile pour réduire la dégénérescence des neurones produite par des maladies comme Alzheimer ou Parkinson.

Pendant les dernières années de cette période se sont produites des avancées dans un autre domaine : la loi. Les électeurs d’Alaska, de l’Oregon et de Washington ont légalisé le cannabis médical, une mesure que soutenaient également les mandataires britanniques. En 1998, la société pharmaceutique GW Pharmaceuticals a reçu la licence pour produire le médicament Sativex, avec la même proportion de THC et de CBD, pour le traitement de la douleur et des spasmes chez des patients atteints de sclérose multiple.

Années 2000 : le rôle du CBD dans les maladies auto-immunes

Pendant la première décennie des années 2000 a été réalisé un bon nombre d’autres recherches sur le potentiel thérapeutique du CBD. Les essais, qui utilisaient des animaux, se centraient sur deux axes : son effet sur les cellules du système immunitaire et son pouvoir anti-inflammatoire et calmant. Les études suggéraient, d’une part, que le composé freinait l’avancée de l’arthrite rhumatoïde et était capable de réguler la présence de certaines molécules impliquées dans le développent de tumeurs, grâce à son action immunosuppresseur et anti-inflammatoire. D’autre part, elles démontraient l’efficacité des traitements avec du CBD pour soulager la douleur chronique d’origine neurologique chez les rongeurs.

Bien que la recherche sur le cannabis médical continue d’être limitée par des restrictions légales, des dizaines d’études réalisées pendant les dix dernières années ont trouvé de nouvelles preuves mettant en exergue que le CBD peut traiter des maladies telles que l’épilepsie, l’anxiété, la schizophrénie, les maladies cardio-vasculaires et le cancer.

Parmi ces travaux, se trouve celui publié en 2011 par des scientifiques de l’Institut de Recherche du Centre Médical California Pacifique. Ces derniers expliquaient dans leur article comment ils avaient trouvé des preuves que le CBD peut freiner la métastase de cellules cancéreuses. Un an plus tard, des chercheurs allemands avaient réduit les symptômes psychotiques chez des patients souffrant de schizophrénie.

Aujourd’hui, les études continuent de se succéder malgré les limitations.